Utilisez vos neurones miroirs pour apprendre

Nous avons tous dans notre cerveau des neurones qui reflètent l’activité que nous observons. Ils s’appellent les neurones miroirs.

Par exemple, si je fais le mouvement de porter un verre d’eau à ma bouche et que vous m’observez le faire alors les neurones de nos deux cerveaux vont s’allumer de manière identique. Tant pour celui qui réalise l’action et pour celui qui l’observe.

Ces neurones miroirs ont été découverts en Italie par des chercheurs qui étudiaient les neurones moteur d’un singe lorsqu’il brise une cacahuète. Dans l’expérience, lorsqu’un singe prend une cacahuète, ses neurones s’activent et l’influx nerveux déclenche un bruit. Par la suite, un chercheur s’empare d’une cacahuète à son tour et réalise le même geste tandis que le singe reste immobile à le regarder faire. A cet instant précis, le même bruit d’influx nerveux se fait entendre dans la machine. Ceci signifie que les neurones du singe s’allument lorsqu’il réalise le geste mais également lorsqu’il l’observe. L’hypothèse d’avoir un neurone pour deux fonctions fut une découverte majeure en neuroscience.

Ces neurones miroirs sont aussi présents chez l’humain qui, lorsqu’il observe quelqu’un faire un geste, voit son cerveau activer les systèmes neuronaux responsables du geste même en restant totalement immobile. Tout ceci incite les chercheurs à penser que le geste est contagieux. Que le geste permet en quelque sorte de se connecter et de se projeter à la place de quelqu’un.

Il en va de même pour les émotions et ces systèmes miroirs joueraient également un rôle clé dans l’empathie en permettant de saisir et de deviner ce que ressentent les gens. Mais c’est le sujet d’un autre article ;-)

Ce qu’il faut retenir ici c’est que notre cerveau devient donc un réel simulateur. Et vous savez quoi ? Ce phénomène faciliterait grandement l’apprentissage. Et oui, le mécanisme des neurones miroirs sous-tend le fait d’imiter pour apprendre. C’est bien ce que font tous les enfants non ? Ils apprennent en imitant !

Ce système d’apprendre en imitant les autres est redoutable d’efficacité car d’un point de vue neuro-scientifique, si nos propres réseaux neuronaux en charge du mouvement que l’on souhaite imiter s’activent lorsqu’on observe quelqu’un le faire, alors le passage à l’action se fait d’autant plus facilement !

Apprendre le ski en regardant la télé ?

Je souhaite partager avec vous une expérience personnelle faite par l’une des apprenantes de ma formation. (no bullshit!)

« Mon rêve d’enfant avait toujours été d’aller à la montage. J’avais la chance de vivre près du Bassin d’Arcachon et c’était à la plage que je passais mes vacances avec ma famille. Nous devions nous estimer plus que privilégiées… il est vrai. Mais je n’avais qu’une envie : SKIER! Je passais des heures à regarder les JO d’hiver, voir, étudier chacune des descentes, j’en rêvais toutes les nuits. Je m’imaginais championne Olympique en dévalant les pistes, je vivais mentalement chaque sensation de glisse. Et un jour, alors que j’avais 18 ans, des amis de ma mère nous proposèrent leur chalet à La Mongie dans les Pyrénées. GE-NIAL, en-fin!! Et que s’est-il passé une fois sur les skis pour ma première fois ? Et bien toutes les notions et bases fondamentales du ski avaient été enregistrées par mon cerveau. J’ai skié tout de suite, sans aucune appréhension. Le lendemain nous sommes retournées au magasin de location car je voulais changer mes chaussures et le vendeur me regarda en me demandant “vous avez quel niveau ?”. Ce à quoi je répondis : “débutante”. Il me dit alors l’air surpris : “ah bon ? Mais je suis moniteur et je vous ai vu sur les pistes et vous n’êtes pas débutante” en me tendant de nouveaux skis. Et le croirez-vous ? Oui j’en suis sûre… à la fin de cette semaine là, je skiais sur des pistes noires ! »

Ceci est un bel exemple d’utilisation des neurones miroirs et d’apprentissage par l’observation !

Le syndrome du savant

Dans de rares cas de lésions cérébrales, des personnes acquièrent des compétences mentales époustouflantes sans les avoir jamais apprises comme par exemple savoir jouer d’un instrument de musique (Anthony Cicoria — Lightning Sonata). C’est ce qu’on appelle le syndrome du savant. Le cerveau se voit soudainement comme débridé, doté d’une habilité extraordinaire et accédant à une compétence cachée, enfouie au fond de notre cerveau.

Cela voudrait dire que chez chacun d’entre nous il y a des compétences latentes. Que chez chacun d’entre nous, il y aurait une championne olympique de ski, un Ludwig van Beethoven, un Einstein… Cela sonne contre-intuitif mais, imiter et répéter un geste ne ferait pas qu’on acquière une compétence mais plutôt qu’on en déverrouille une déjà existante dans notre cerveau.

En termes neuro-scientifiques, cela impliquerait que dans nos 100 milliards de neurones, une population de ceux-ci saurait réaliser exactement le geste que nous observons chez un pianiste, une skieuse, etc. Cependant, nous n’y aurions pas accès rapidement car pour traduire un geste observé en mouvement, il faudrait que cette population de neurones “sachante” ait accès à notre conscience.

A cette étape, cela voudrait dire qu’il y a un génie latent en chacun de nous et que le tout serait de lui donner la parole le plus rapidement possible. La question qui me vient alors est : comment faudrait-il faire pour accéder à nos compétences latentes le plus rapidement possible ?

La théorie avancée sur ce sujet est qu’il faut beaucoup de pratique et de répétition pour que la conscience donne la parole à nos neurones “sachants”. Pour autant, l’utilisation de certains leviers fait qu’on y accède plus vite. L’observation et l’implication des neurones miroirs est l’un de ces leviers. L’apprentissage vicariant en est un autre.

L’apprentissage vicariant

Comme quoi, la réussite n’est pas le fruit d’un hasard mais bien d’un processus. En ayant conscience des neurones miroirs et de leur rôle clé dans nos apprentissages, il devient interessant d’acquérir des méthodologies basées sur l’imitation.
Pour apprendre plus vite et mieux, il est judicieux de pratiquer l’apprentissage vicariant. Mais c’est quoi au juste l’apprentissage vicariant ?

Et bien c’est ce que l’on vient tout juste d’illustrer sur la piste de ski. L’apprentissage vicariant est un processus au cours duquel un individu modélise son comportement à partir du comportement d’autres individus en se calquant sur eux.

Selon Albert Bandura (psychologue canadien et professeur à Stanford), cet apprentissage vicariant (aussi appelé apprentissage social) est l’une des quatre sources de construction de l’efficacité personnelle (self-efficacy). Nous pouvons apprendre énormément de manière consciente ou inconsciente en modélisant ceux qui savent faire, c’est-à-dire en observant, en écoutant et en analysant leurs productions et réalisations.

Ce processus doit réunir quatre conditions :

  • L’attention = se focaliser sur le comportement du modèle,
  • La rétention = mémoriser le comportement,
  • Le déroulement du processus = adopter le comportement (imitation),
  • La motivation = avoir un intérêt dans l’acquisition de ce comportement.

Ces 4 conditions étaient bien réunies dans notre exemple du ski.

L’approche vicariante peut prendre d’autres formes et être connue sous d’autres noms comme : la formation, la gravure, la modélisation, le mentoring / coaching, le compagnonnage, etc.

Quoi que ce soit que vous vouliez apprendre, il est plus que judicieux d’utiliser ce levier qui vous fera faire des sauts quantiques et gagner un temps fou !

Stargate & Sauts quantiques ?

Tandis que certaines personnes tentent de développer leurs propres stratégies par eux-mêmes, d’autres en empruntent des déjà existantes !

Plutôt que de tâtonner par des jeux d’essais-erreurs pour arriver souvent a un résultat non optimal, ne vaut-il pas mieux investir en soi et se former ? Développer des outils par soi-même est souvent une étape laborieuse alors pourquoi ne pas piocher dans ceux qui fonctionnent déjà ?

Quelques exemples :

  • Vous voulez apprendre à vous défendre en cas d’agression : montez sur un tatami et prenez des cours de self défense en répétant les situations et les gestes (quelque soit la discipline).
  • Vous voulez apprendre à résoudre un conflit ? Plutôt que de payer un coût de plusieurs années de tensions relationnelles en expérimentant par soi-même, prenez un modèle qui existe déjà. Stephen Karpman a donné sa vie pour un outil qui s’appelle le triangle dramatique. Apprenez-le, pratiquez-le et comprenez les pièges relationnels afin de déjouer les conflits et de ne plus en avoir.
  • Vous voulez apprendre à lire un livre de 200 pages en 1h et retenir 80% du contenu ? Formez-vous auprès de quelqu’un légitime en Lecture Rapide qui vous donnera une vrai méthode et des outils ayant fait leur preuves.

Bref, avec l’approche vicariante, on ne commence pas par de l’essai-erreur, on commence là ou la personne en est. En activant ses neurones miroirs, on apprend un autre savoir que ceux d’un livre : le savoir être et le savoir faire.

Ce n’est pas le savoir qui est une arme mais le savoir appliqué !

Copiez ou Volez comme un artiste ?

Good Artists Copy; Great Artists Steal — Pablo Picasso

Quelqu’un qui copie une recette de cuisine la suivra au millimètre près et le plat sera bien souvent dénué de personnalité. A l’inverse, quelqu’un qui la vole y mettra sa sensibilité et sa patte ! Vous l’aurez compris, la différence réside dans l’appropriation de la recette.

L’idée est donc bien de mettre en place une stratégie de réussite en mettant en place des routines et de l’autodiscipline mais le plus important est de proprement s’approprier les concepts.

Si le concept de “voler” vous gène alors réinventez la roue de toutes pièces et dépensez votre énergie inutilement. Si c’est plutôt le mot “voler” qui vous dérange alors “s’inspirer grandement”.

Ce n’est pas « fake it until you make it » mais plutôt « fake it until you become it » qu’il faudrait dire.

Parfois j’entends : “on ne grandit pas dans l’ombre d’un autre”. Cela fait sens si le mot “ombre” porte ici une connotation négative d’oppression, et de non-émancipation. L’idée n’est pas de devenir la pâle copie de quelqu’un mais plutôt d’apprendre des autres tout en adaptant pour soi.

L’expression que j’emploie souvent : “Des nains sur des épaules de géants” est une métaphore pour montrer l’importance de s’appuyer sur les travaux de grands penseurs du passé.

D’autres ont déjà passé du temps et de l’énergie sur des stratégies alors capitalisez dessus. Faites vos courses ! Acquérez donc une trousse à outils personnelle et piochez dedans ce qui vous plaira.

Mangez dans des restaurants 5 étoiles

Le plat boeuf bourguignon est à la carte dans plein de restaurants. De nombreux le proposent mais certains le cuisinent mieux que d’autres.

Mon conseil : Formez-vous. Investissez en vous. Mais surtout, allez vers ceux qui cuisinent le mieux en choisissant les bons formateurs.

D’ailleurs, observez plusieurs formateurs et choisissez celui ou celle qui est légitime à vos yeux en ayant prouvé avoir la compétence — non pas que théorique mais également comportementale car si la personne ne passe pas bien avec vous alors le message ne sera que mal reçu. De plus, selon les profils de personnalité, certains formateurs sont plus nourriciers alors que d’autres sont plus responsabilisants, voire challengeants, etc. Faites vos courses et dirigez vous là où ça résonne.

En résumé, plutôt que de dépenser de la charge mentale inutile et de stagner, visez l’efficience. Facilitez-vous les obstacles auprès d’un formateur compétent dans ce qu’il enseigne.

On n’apprend pas à nager dans un livre. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas tout transmettre par écrit. Même si cela donne une bonne base, il faut obtenir du feedback qui est essentiel pour progresser. C’est en faisant qu’on apprend.

Aussi, apprenez auprès des meilleurs et pour décoller, allez manger dans des restaurants 5 étoiles.

Investissez en vous !

Sources “Des nains sur des épaules de géants” : Giacomo Rizzolatti / Albert Bandura /Stephen Karpman / Carole Dweck / Idriss Aberkane / Allan Snyder / Austin Kleon

CEO of Kontre Kourant — Brain lover & Ultra runner

CEO of Kontre Kourant — Brain lover & Ultra runner